Vague de solidarité pour l’éducation
15 novembre 2004
Gabriel Couture et Jean-Sébastien Marier
En collaboration avec Marie-Josée Samson
Le Collectif, Sherbrooke, p. SOCIÉTÉ 9 (Vol. 28, No. 6)
Le 10 novembre dernier avait lieu une journée nationale de mobilisation pour l’éducation où des milliers d’étudiants ont manifesté contre le « hold up » des prêts et bourses.
À cette occasion, quelque 40 associations étudiantes de partout en province s’étaient donné rendez-vous à Montréal, alors qu’une dizaine d’autres ont fait valoir leurs revendications sur la colline de l’Assemblée nationale.
Cette journée faisait suite aux différentes actions entreprises par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) ainsi que par de nombreuses autres coalitions étudiantes.
Un message clair
Les 14 000 étudiantes et étudiants qui participaient aux manifestations voulaient « faire passer le même message à monsieur Charest, c’est-à-dire [de revenir] sur les coupures qu’il y a eu dans les prêts et bourses au printemps passé », a affirmé Philippe-Olivier Giroux, président du Regroupement des étudiantes et étudiants de maîtrise, de diplôme et de doctorat de l’Université de Sherbrooke (REMDUS).
« Je pense qu’avec aujourd’hui, à la quantité de personne qu’il va y avoir dans les rues pour dénoncer cette mesure, le message va être tellement clair pour le gouvernement qu’il n’aura pas d’autres choix que de comprendre l’impact de cette mesure-là », a confié Jean-Patrick Brady, président de la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS) peu avant son départ pour Montréal.
Les étudiants, dont une délégation de près de 600 Sherbrookois, ne seront à tout le moins pas passés inaperçus. Plusieurs rues du centre-ville de Montréal ont en effet été bloquées pendant quelques minutes, au fil du tracé de la marche, débutant à l’UQAM et prenant fin devant les bureaux du premier ministre, sur la rue McGill College.
À première vue, les cris et les chants ne semblent pas avoir ébranlé le ministre Reid, qui a affirmé lors de la période de questions à l’Assemblée nationale «[avoir] pris une décision mûrement réfléchie et qui n’était pas facile. » Il assure avoir « pesé tous les aspects, toutes les facettes de cette décision » et que « les compressions ont été effectuées pour le bien des étudiants, puisqu’elles ont permis de dégager des fonds supplémentaires pour l’embauche d’enseignants. »
Quand on compare avec pire…
Monsieur Charest a appuyé son ministre en affirmant que « même en convertissant en prêts quelque 100 millions $ qui étaient auparavant versés en bourses, le Québec offre toujours le système de prêts et bourses le plus généreux en Amérique du Nord. » Monsieur Brady a rétorqué à cela en affirmant qu’ «en se comparant à quelque chose qui est moins bon que nous [...], en bout de ligne on [l'équivaut]. » Il appuie sa thèse en stipulant que « l’endettement moyen d’un étudiant québécois était [le plus bas au Canada] avant les coupures, maintenant il est au-dessus de la moyenne canadienne. »
Dans une entrevue précédente, accordée à des collègues journalistes, Catherine Bourgault, attachée de presse de la FEUQ, avait affirmé que les universités québécoises étaient sous-financées. Selon elle, « la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ) demande 125 millions de plus au gouvernement. »
Selon le site Internet de la Société Radio-Canada, « l’endettement moyen d’un étudiant au baccalauréat [est passé, suite aux coupures], de 13 000 $ à 21 500 $, alors qu’il avoisine les 19 500 $ dans le reste du Canada. »
L’effet des coupures se font surtout sentir par les étudiants les plus démunis. Monsieur Giroux affirme que « l’accessibilité à l’éducation est primordiale pour la société. »



