Le monde au bout de son calepin: Esclaves des temps modernes

Dans le cadre du programme Journalistes pour les droits humains de Jeunesse Canada Monde, des jeunes du Québec, du Bénin et du Sénégal ont réalisé des reportages lors de leurs séjours à Sherbrooke, Rimouski, Dakar ou Cotonou. Voici des extraits de quelques uns de leurs articles.

11 April 2005, La Presse, p. ACTUEL2
Marie-Josée Samson et Jean-Sébastien Marier
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Les enfants du Bénin issus d'un milieu pauvre sont souvent exploités par la famille à laquelle ils sont confiés. Ci-haut, une jeune vendeuse de légumes au marché de Gbegamey, à Cotonou.

Les enfants du Bénin issus d'un milieu pauvre sont souvent exploités par la famille à laquelle ils sont confiés. Ci-haut, une jeune vendeuse de légumes au marché de Gbegamey, à Cotonou. (©2005 Jean-Sébastien Marier)

En Afrique de l’Ouest, l’affaire de l’Etireno a démontré que le Bénin est une plaque tournante du trafic d’enfants. En 2001, ce bateau a fait les manchettes internationales, car il était soupçonné d’être un négrier des temps modernes. (…)

Des dizaines de milliers de jeunes victimes transiteraient par le Bénin, avant d’être dirigées vers des pays limitrophes, dont le Nigeria, le Gabon et la Côte-d’Ivoire, pour travailler dans des carrières ou comme domestiques, selon Philippe Duamelle, représentant de l’UNICEF au Bénin. Des États occidentaux, comme la Belgique, seraient aussi des destinations prisées par les trafiquants. Une filière d’exploitation sexuelle aurait même des ramifications jusqu’au Liban.

Outre le trafic transfrontalier à des fins de travail, d’adoption ou de prostitution, le Bénin est aux prises avec une importante traite. Elle est le fruit d’une coutume, qui consiste à envoyer les enfants défavorisés des villages chez des parents plus aisés de la grande ville. Les jeunes placés, aussi appelés ” vidomègons “, doivent normalement se voir offrir les ressources nécessaires à leur éducation et à leur émancipation par leur famille d’accueil.

(…) Selon Gladys Ayatode, directrice d’ASSOVIE, une organisation locale de protection de l’enfance, les ” vidomègons ” sont obligés de vendre des marchandises dans les marchés et d’effectuer les corvées ménagères. Ils seraient près de 500 000 enfants travailleurs de moins de 14 ans au Bénin. (…)

Marie-Josée Samson est de Drummondville et Jean-Sébastien Marier, de Saint-Hubert.

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